La France, championne d’Europe des inégalités à l’école

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire publie mardi 27 septembre un rapport accablant pour la France. Parmi les 35 pays membres de l’OCDE, notre pays est devenu, en quelques dizaines d’années, le pays le plus inégalitaire en matière d’éducation.  Une raison de plus pour participer au débat organisé par nos amis du LAB, le 18 octobre prochain à 20h30, salle Gavroche, avec la participation de deux spécialistes des questions de l’éducation.

 

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Élève moyen dans les années 2000, la France se place désormais en toute fin de palmarès pour les inégalités à l’école au sein de l’OCDE, révèle le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) dans une étude rendue publique le 27 septembre dernier. Cette enquête réalisée sur deux ans par 22 équipes de chercheurs français et étrangers, pose « un diagnostic sur les inégalités sociales et migratoires à l’école ». Et constate que malgré les politiques engagées, l’école française continue de « fabriquer de l’injustice scolaire ». Pourquoi ? Notamment parce que, en France, l’école continue de moins bien traiter les élèves défavorisés dans les classes des réseaux d’éducation prioritaire. Dans ces établissements, les effectifs doivent en principe être allégés. Or, en réalité, il y a seulement un ou deux élèves de moins en moyenne par classe par rapport aux établissements mixtes ou favorisés. Cette différence minime ne permet donc pas de compenser les inégalités sociales.

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Dans ces établissements, les élèves sont également moins bien lotis, notamment parce que le nombre d’enseignants contractuels ou débutants qui y sont affectés a augmenté ces dix dernières années. Il y a par exemple deux fois plus d’enseignants de moins de 30 ans en zones d’éducation prioritaire (ZEP) qu’ailleurs. Le temps des apprentissages est par ailleurs plus court dans ces classes, pour des raisons de discipline ou d’absentéisme. L’étude conclue donc à une « discrimination négative » des élèves défavorisés quand, parallèlement, les résultats des très bons élèves français continuent de s’améliorer. Le système creuse donc les inégalités sociales, surtout au collège, alors que d’autres pays de l’OCDE, comme l’Allemagne, sont parvenus à les réduire ces 15 dernières années, note l’étude.

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A travers cette enquête, le Conseil national d’évaluation du système scolaire s’interroge sur les politiques publiques qui ont été mises en œuvre depuis 30 ans en France. « Toutes ces politiques et les budgets afférents resteront très peu efficaces si les écoles et les collèges les plus ségrégués ne font pas l’objet d’une politique volontariste de mixité sociale. Aucune politique, aucune pratique pédagogique ne résiste aux effets délétères de la concentration extrême des difficultés scolaire et sociale dans des établissements ghettos », souligne la présidente du Cnesco, Nathalie Mons, en avant-propos de ce rapport qui pourrait donner du grain à moudre dans le débat présidentiel. Et qui nous donne aussi l’occasion de vous inviter au débat organisé par nos amis du LAB le 18 octobre prochain, à 20h30, salle Gavroche.

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